Napoléon

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Napoleon Bonaparte, born August 15, 1769 in Ajaccio and died May 5, 1821 on Île Sainte-Hélène, was a French soldier and statesman, the first emperor of the French under the name of Napoleon I.

Source: Europe 1

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Laure d’Autriche : Bonjour, je suis Laure d’Autriche. Bienvenue dans ce podcast de trois épisodes consacrés à l’empereur Napoléon. Napoléon, cet inconnu. Épisode un : un bâtisseur destructeur.

Laure d’Autriche : Paris, 24 décembre 1800. En ce soir de Noël, un convoi sort à vive allure du Palais des Tuileries et remonte la rue Saint Nicaise dans le centre de la ville. À l’intérieur du premier carrosse, Bonaparte, qui a été élu premier consul un an plus tôt, somnole. Il tombe de fatigue mais il a promis à Joséphine de l’accompagner. À l’opéra. Tout à coup, les vitres de la voiture explose. C’est un attentat. Bonaparte échappe de peu à la mort.

Napoléon Bonaparte : Qu’est-ce-qui se passe ?

Le chauffeur : Je crois qu’on nous attaque. On vient de jeter sur nous un gros tonneau de bois, rempli de boulets à canon.

Napoléon Bonaparte : Sans doute un coup des royalistes ou des jacobins.

Le chauffeur : Restez à l’abri. On fonce à l’opéra.

Napoléon Bonaparte : Plus vite, plus vite. Allez.

Napoléon Bonaparte : Ces coquins ont voulu me faire sauter. Nous les arrêterons, j’en ferai une justice éclatante.

Laure d’Autriche : À tout juste 30 ans, pas encore empereur, Bonaparte voit son pouvoir grandir depuis son coup d’État. Il est premier consul, a été nommé pour 10 ans, rééligible à vie et cela ne plaît pas à tout le monde. Il contrôle déjà la presse sur les 70 journaux français. Il en fut fermer 60.

Napoléon Bonaparte : Je redoute trois journaux plus que 100 000 baïonnettes.

Laure d’Autriche : Ce n’est pourtant que le début. Dominer est le but de sa vie. Il a l’habitude de mettre sa main dans sa redingote, pas seulement parce qu’il souffre du ventre, mais parce que cela lui confère une posture plus martiale, en un temps ou les poches n’existaient pas.

Laure d’Autriche : À cette époque, Bonaparte a tout à apprendre, il ne connaît rien à l’administration ni à la géographie, mais il a une excellente mémoire et en cinq ans, sans relâche de 5h du matin à minuit, il transforme les institutions. La création du code civil des départements, le ramassage des ordures, la numérotation des maisons dans les rues, c’est ce qu’on lui doit, l’université, le baccalauréat, c’est lui aussi. Dans les archives nationales, le nom des premiers lauréats est inscrit à la plume sur des bouts de parchemin, comme sur ce document de 1810, présenté par Cécile Fabrice, conservatrice du patrimoine.

Cécile Fabrice : Nous sommes donc à l’université impériale, diplôme de bachelier ès lettres, au nom de Napoléon, Empereur des français, roi d’Italie et protecteur de la Confédération du Rhin. Ce baccalauréat, il permet d’entrer à la faculté, mais il est passé sur des épreuves orales uniquement au moment de la mise en place en 1808.

Laure d’Autriche : Ils sont très peu nombreux, les élèves qui passent le bac dans ces années-là.

Cécile Fabrice : Les bacheliers ès lettres, ils sont 1 300. Les bacheliers ès sciences, c’est encore moins, on est sur 38 à peu près, uniquement des garçons. Les études au lycée sont payantes, par conséquent, la nécessité de moyens fait que le baccalauréat ne s’adresse pas à tous.

Laure d’Autriche : On paie aussi pour passer ces épreuves, ces examens.

Cécile Fabrice : Tout à fait.

Laure d’Autriche : Alors le niveau est difficile à juger puisque nous n’avons pas de copies puisqu’on est sur un examen oral mais on est sur un niveau d’enseignement élevé. Pour autant, et c’est inhérent à l’histoire du système éducatif et des enseignants. Dès le milieu du XIXème, on trouve des réformes pour augmenter le niveau, pour limiter la baisse du niveau. Ça, malheureusement, c’est aussi ancien que le système éducatif. N’est-ce pas Aristote, déjà, se plaignait du niveau des élèves d’aujourd’hui, qui n’est plus celui d’avant.

L’examinateur : Joseph-Pierre Lefebvre.

Joseph-Pierre Lefebvre : Oui.

L’examinateur : Joseph-Pierre Lefebvre, vous êtes ici pour l’épreuve de latin, à l’oral bien évidemment. Tirez une boule au sort.

Joseph-Pierre Lefebvre : Boule numéro 3.

L’examinateur : Texte de Cicéron, à traduire devant nous, sans dictionnaire, De Senectute, sur la vieillesse, on vous écoute.

Joseph-Pierre Lefebvre : De Senectute…

Laure d’Autriche : En quelques années, Napoléon jette les bases de l’État moderne et de l’architecture que l’on trouve encore aujourd’hui comme l’arc de triomphe sur les Champs Elysées, qu’il décide de faire construire en 1806, au lendemain de sa victoire écrasante contre la Russie et l’Autriche, lors de la bataille d’Austerlitz. Il s’adresse alors à ses soldats.

Napoléon Bonaparte : Vous ne rentrerez dans vos foyers, que sous des arcs de triomphe.

Vieille dame : On honore nos couleurs françaises : bleu blanc, rouge. Le bleu qui dit la fidélité, le blanc, la pureté, le rouge, la vaillance.

Laure d’Autriche : C’est peut être cela, être français aujourd’hui : se rassembler au pied de l’arc de triomphe, comme ici en 1998, après la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du monde. Napoléon, c’est aussi un homme qui montre que, sans être bien né, on peut réussir par le travail, confie en 1999 sur Europe 1, Charles Bonaparte, l’arrière arrière-petit-neveu de l’empereur, qui s’est rendu sur le tombeau de Napoléon avec des adolescents.

Charles Bonaparte : J’avais récemment des jeunes de cité de Nancy qui souhaitaient voir le tombeau de Napoléon. C’est des jeunes de banlieue, j’étais avec eux.

Journaliste : Justement pour eux, c’était quoi Napoléon ?

Charles Bonaparte : Et bah, c’était mythique. Et oui, ça va parler de quelqu’un qui finalement est à la limite un peu comme eux. Car après tout, Bonaparte ne parlait pas bien le français lorsqu’il est arrivé en France et qui a réussit pas mal, ouais.

Laure d’Autriche : Lui, le Corse d’origine italienne, s’appelait au départ Buonaparte. Paris ressemble, en 1800, à une cité du Moyen-Âge avec cet entrelacs de petites rues plus ou moins saines et lumineuses. S’inspirant des empereurs romains, Napoléon aère la ville, crée les premiers jardins publics et parcs de loisirs, les ancêtres de nos piscines modernes aussi où, à l’époque, les hommes se baignent nu. La centralisation, c’est lui, il fait de Paris le centre de la vie politique, diplomatique et mondaine de l’empire. Prudent dès qu’il s’agit de construire, Napoléon prend conseil auprès de son entourage, en tout cas dans les premières années, lorsque son ego démesuré ne l’a pas encore englouti.

Cormier : Votre Majesté, voici le plan pour la ville de la Roche-sur-Yon.

Napoléon Bonaparte : Très bien. Apportez-moi ça. Ça s’appellera Napoléonville.

Cormier : Parfait, votre Majesté.

Napoléon Bonaparte : J’ai tout en tête. À côté du château en ruine, voilà ce que je veux. Cormier, prenez une grande règle et vous me tracez un quadrillage rouge sur toute cette surface. Ici, sur ce grand axe, la gendarmerie, à côté, l’hôpital. Ici, le lycée et là, la préfecture.

Cormier : Parfait, votre Majesté.

Laure d’Autriche : 1 800 plans sont conservés dans les archives nationales, dont celui de la Roche-sur-Yon, ville nouvelle que Napoléon fait construire entièrement en 1804, explique Marie Ranquet, conservateur du patrimoine.

Marie Ranquet : Tout est à construire et l’objectif de l’empereur est de passer de 600 à 12 000 habitants. Donc cette nouvelle ville va s’appeler Napoléon. Alors, ce qui est intéressant, vraiment, c’est que Napoléon, même s’il est sur le champ de bataille, à Moscou ou ailleurs, il reçoit quand même les documents, ce genre de choses-là, les problèmes de limitations de communes en France, à cause du cadastre. On lui apporte tout, il a un système d’estafettes qui viennent quotidiennement lui apporter les papiers, même si c’est à 5 ou 10 000 kilomètres et, du fin fond du quartier impérial, il va pouvoir donner une décision qui concerne effectivement la délimitation entre la haute Saône et le Doubs par exemple.

Laure d’Autriche : Napoléon est encore jeune, mais il prend déjà conscience de son génie militaire et administratif, y compris face à des gens plus âgés que lui. Il est aussi le premier à faire de l’Élysée le Palais du monarque parce qu’il ne supporte plus de voir les passants devant le Palais des Tuileries, alors, le lieu du pouvoir.

Laure d’Autriche : Mais voilà le premier caillou dans la chaussure de Napoléon, il rétablit l’esclavage en 1802, un geste qui met mal à l’aise les dirigeants politiques de notre époque. Explications avec Thierry Lance, le directeur de la Fondation Napoléon.

Thierry Lance : Il s’était toujours montré très ouvert à l’abolition. Puisqu’il a aboli l’esclavage à Malte, il libérait les esclaves en Égypte. Et puis au début du consulat, il a déclaré à plusieurs reprises, et notamment dans une proclamation aux habitants de Saint Domingue, qu’il ne les priverait pas de la liberté que la République leur avait donnée. Et puis en mai 1802, il rétablit l’esclavage. Alors là, la vraie question, c’est bien sûr la question du pourquoi de ce reniement, alors qu’il ne s’agit pas de minimiser, c’est un reniement très important. Il le fait pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il n’arrive pas à reprendre en main la principale île des Antilles qui est, à l’époque, Saint-Domingue, la moitié, ce qui est aujourd’hui Haïti, appartient à la France et il y a là-bas un général de division de la République qui s’appelle Jean Dominique Toussaint Louverture, qui mène tout doucement Saint-Domingue à l’indépendance. Alors, Saint-Domingue est une île économiquement essentielle. Au moment de la paix avec l’Angleterre, les Anglais lui font comprendre qu’il faut qu’il reprenne en main les colonies parce que eux aussi sont soumis à des révoltes d’esclaves dans leurs propres colonies et c’est donc Napoléon qui cède à la fois un lobby économique, le lobby colonial, à la fois à son ambition géopolitique du Golfe du Mexique et puis aussi, on va dire à la, à la pression des autres nations esclavagistes pour rétablir l’esclavage.

Laure d’Autriche : Les jours de l’empereur sont millimétrés. Après avoir passé la matinée seul dans son cabinet, il participe à des réunions politiques. Il s’ennuie parfois, gribouille des dessins enfantins sur des feuilles de papier, taille des crayons avec son canif et s’endort, avachi sur la table. Il construit beaucoup mais laissera pourtant la France plus faible qu’il ne l’a trouvé, explique Stéphane Bern.

Stéphane Bern : La France est plutôt exsangue après les batailles napoléoniennes et notamment après Waterloo. La retraite de Russie aussi a été une catastrophe mais pour autant, il a laissé sa marque indélébile sur l’histoire de France et d’ailleurs l’intelligence de la restauration. D’ailleurs, le vrai personnage intéressant là, en 1814, pardon, mais c’est à Léran, c’est à Léran qu’il fait croire aux Français qu’on est vainqueur, alors qu’on a été vaincu, qu’on a été humilié. Enfin, les troupes du tsar campent sur les Champs Elysées, quand même. Et bien, il va faire croire aux Français que finalement, bah on va, on va bien s’en sortir, on remet le bon roi podagre, Louis XVIII sur son trône. Finalement, la France va se redresser, mais grâce aussi à cette restauration tranquille. Mais c’est vrai que les années de tranquillité, c’est plutôt sous la Monarchie de Juillet qu’on les retrouvera.

Laure d’Autriche : Sans avoir de sang royal, cet outsider total, Napoléon, réussit pendant un temps à faire de la France le pays le plus puissant de la planète, en particulier en se révélant un stratège hors pair sur les champs de bataille.

Laure d’Autriche : Vous venez d’écouter le premier épisode de Napoléon, cet inconnu, réalisé par Sébastien Guidis. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à nous laisser vos commentaires dans le prochain épisode : Napoléon, un guerrier raffiné.

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FACTS

Second fils de Carlo Maria Buonaparte et de Maria Letizia Ramonilo, il est issu d’une famille de treize enfants qui appartient à la petite noblesse corse. Son père, avocat, a lutté pour l’indépendance de la Corse jusqu’à la défaite décisive de Ponte-Nuovo. Turbulent, querelleur et orgueilleux, l’enfant puis l’adolescent n’admettra pas l’annexion de son île à la France.

VOCABULARY

  • Le code civil
  • Un tombeau
  • La banlieue
  • Un empire
  • Un quadrillage
  • Impérial
  • L’esclavage

EXTRAS

Alors à l’apogée de son « règne », Napoléon doit néanmoins affronter de nouveaux opposants. L’attitude du tsar Alexandre Ier, qui rouvre ses ports aux Anglais en 1811, déclenche ainsi une réaction immédiate de l’empereur. Celui-ci prend le commandement de la campagne de Russie dont on connaît le tragique dénouement : les Russes incendient Moscou, Napoléon ordonne la retraite de ses troupes dans des conditions climatiques catastrophiques. Cette défaite signe le début de la fin de l’empire napoléonien. Forcé de se retirer d’Espagne, Napoléon ne remporte pas d’autre victoire décisive : le mythe de l’invicibilité de l’empereur a vécu.

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